Dans ma cellule j’ai fait le tour du soleil…

Un livre cellule soleilporté par Geneviève Guilhem est né et témoigne de vingt ans d’engagement des bibliothécaires de lecture publique à Fleury-Mérogis : animation de bibliothèques, formation de détenus, cercles de lecture, ateliers de poésie, théâtre, revue… L’ouvrage met en valeur trois voix, celle de la littérature, de ses auteurs, sur laquelle viennent se greffer celles des détenus et des différents médiateurs, conteurs, lecteurs, metteurs en scène…  » Lorsque je lis un roman, je ne suis plus enfermé, écrit Garabet, je suis parti au Kurdistan avec Aïtmatov, je me prépare à aller en Chine.  » Beau travail autant sur le contenu que sur la forme.

Edition AAEl, 8 rue de Bagnolet, 31000 Toulouse

  • Assises du roman 2009 : Le roman : hors frontières » : dans le laboratoire intime des écivains

              assises du romanLe Monde ;  Villa Gillet édition

Varié, vivant, toujours intéressant et souvent drôle, ce petit livre dévoile

Quarante-cinq auteurs venus de tous les continents s’y expriment sur des sujets touchant directement à leurs pratiques d’écriture. Contrairement à ce qui se produit souvent dans les rencontres littéraires, les Assises du roman ne constituent pas un lieu de promotion des livres, mais un espace de réflexion. Elles sont l’occasion d’un échange sur les grands thèmes qui traversent la littérature (par exemple, la place de la psychanalyse, la puissance de la nature, la voix de l’enfant), ou sur les différentes « techniques » de l’art romanesque (le roman psychologique ou les déformations de la réalité). Chaque débat permet d’entrer dans la pensée des écrivains, par l’intermédiaire de ces textes courts (environ 10 minutes de lecture), extrêmement variés, toujours personnels.

« Le Grand Quoi. Autobiographie de Valentino Achak Deng », de Dave Eggers : Eggers, passeur protéiforme

eggers le grand quoiPrix Médicis Etranger 2009

Valentino n’a pas huit ans lorsqu’il est contraint de fuir Marial Bai, son village natal, traqué par les cavaliers arabes, ces miliciens armés par Khartoum. Comme des dizaines de milliers d’autres gosses, le jeune Soudanais va parcourir à pied des centaines de kilomètres pour échapper au sort des enfants soldats et des esclaves. Valentino passera ensuite plus de dix ans dans des camps de réfugiés en Ethiopie et au Kenya, avant d’obtenir un visa pour l’Amérique.

Ironie du sort, son départ était prévu le 11 septembre 2001. Quelques jours plus tard, il s’envolera enfin pour Atlanta. Dans une nouvelle jungle – urbaine cette fois – Valentino l’Africain découvre une face inattendue du racisme. Cette nouvelle existence pourrait bien se révéler aussi périlleuse que la survie dans des contrées sauvages ravagées par la guerre…

Jean-Philippe TOUSSAINT, écrivain et réalisatieur belge.

Faire l’amour (2002) ;

fuir toussaintFuir(2009)

Prix Décembre 2009

Etrangement, Jean-Philippe Toussaint ne s’est pas tourné vers l’écriture avant l’âge de vingt ans. Pourtant, fils d’un journaliste et d’une libraire, il baigne dès l’enfance dans l’univers de l’écrit, mais n’est pas attiré outre mesure par les livres et se contente d’être alors… champion du monde junior de scrabble en 1973 !

Après des études d’histoire et de sciences-politiques, c’est la lecture deux livres, Crime et châtiment de Dostoïevski et Les films de ma vie, de François Truffaut, qui déterminent sa vocation : il lui faut écrire. Son premier roman, La Salle de bain, paraît en 1985 aux Editions de Minuit. Coup d’éclat : la critique aime son écriture incisive, dense et lumineuse. Mais surtout, et les autres romans suivent la même voie, elle décrit, avec une économie de mots qui ne nuit en rien à la précision, les couleurs, les ambiances et les déplacements. Le cinéma l’attend, c’est une évidence, et Toussaint se montre présent au rendez-vous, d’abord en adaptant La salle de Bain pour John Lvoff, puis en dirigeant lui-même La Sévillane (1992) ou La Patinoire (1998). Ses films sont, à l’image de ses livres, minimalistes, dépouillés et lunaires.

Ces incursions ne freinent en rien ses publications, et il enchaîne avec régularité, toujours chez Minuit, les romans, entre autres L’Appareil-photo (1988), La Réticence (1991), Faire l’amour (2002)… Sans oublier Fuir, en 2005 qui reçoit le prix Médicis du Roman français.

En 2009, Jean-Philippe Toussaint publie La Vérité sur Marie, qui vient achever la trilogie entamée avec Faire l’amour et Fuir. Le roman, sélectionné sur la liste finale du Goncourt, obtiendra finalement le prix Décembre 2009.

 

 

Laisser un commentaire